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Anomalie de coloration des urines: COMMENT FAIT-ON LE DIAGNOSTIC ?

Les urines peuvent être troubles, hématuriques (rouge), gazeuses, lactescentes ou fécaloïdes.

URINES TROUBLES

Ce sont des urines qui ont perdu leur limpidité et leur brillance. Elles peuvent s’accompagner de symptômes révélateurs : fièvre, brûlures mictionnelles, mictions fréquentes. Toute la gamme est possible de la simple perte du brillant des urines avec quelques filaments flottants épars à un aspect entièrement trouble. L’odeur peut orienter vers une cause infectieuse quand elle est nauséabonde, fétide ou ammoniacale. Il peut se produire, au repos, un dépôt d’importance variable.

Devant des urines troubles, on peut avoir une orientation diagnostique grâce aux bandelettes urinaires. Leur positivité témoigne d’une leucocyturie.

L’Examen CytoBactériologique des Urines (ECBU) vient confirmer une éventuelle infection urinaire par d’une part la numération des leucocytes et hématies et d’autre part la numération et l’identification des germes en cause. Le germe le plus fréquemment retrouvé est le colibacille. La présence uniquement de leucocytes en quantité élevée oriente soit vers une infection en cours de traitement antibiotique soit vers une infection à germes spécifiques (tuberculose, parasitose, …).

HÉMATURIE

Elle fait l’objet d’une rubrique particulière (cf. Hématurie). Elle se caractérise par des urines de couleur rouge ; toutes les nuances de rouge peuvent exister du rouge clair au brun. Toutes les urines rouges ne sont pas une hématurie :

La coloration rouge des urines peut être liée à du sang qui n’est pas d’origine urinaire mais d’origine urétrale ; il s’agit d’une uréthrorragie dont l’abondance, parfois associée à des caillots, « contamine » les urines lors de la miction. De même le sang peut être d’origine génitale (la confusion est fréquente chez la femme).

La coloration rouge des urines peut être liée à la présence de colorants d’origine alimentaire (betterave, rhubarbe) ou médicamenteuse (phénindione, rifampicine, …) qui peuvent donner une teinte rouge aux urines.

Seule l’hématurie macroscopique donne une coloration rouge aux urines. Il faut savoir que très peu de sang suffit pour colorer franchement les urines (2 à 3 ml/l d’urines). Ce symptôme impressionnant ne permet donc pas de juger de la quantité de sang perdue. Il est rare que, du fait de son abondance et de sa durée, l’hématurie ait un retentissement général.

L’hématurie peut être microscopique, c’est-à-dire non visible à l’œil nu. Elle est alors détectée par les bandelettes urinaires et confirmée par l’ECBU.

L’hématurie macroscopique peut varier au cours de la miction. Cette évolution au cours de la miction est très importante à préciser car elle oriente les examens complémentaires à la recherche de la cause. On distingue donc en fonction de son moment de survenue au cours de la miction :

L’hématurie initiale qui survient au début de la miction ; elle teinte le premier jet. Elle est d’origine urétrale ou prostatique.

L’hématurie terminale qui ne survient qu’à la fin de la miction. Elle est d’origine vésicale. Elle s’explique par la contraction de la vessie qui atteint son maximum en fin de miction. Au début de la miction, la vessie évacue des urines claires puis, la contraction augmentant, les saignements d’origine vésicale surviennent, ce qui colore les dernières urines éliminées. Il faut absolument en rechercher une cause.

L’hématurie totale, qui colore toute la miction. Elle n’a pas de valeur localisatrice particulière.

Après l’interrogatoire qui oriente le diagnostic, il faut pratiquer des examens à visée diagnostique : Urographie IntraVeineuse, Echographie rénale et vésicale, cystoscopie.

URINES LACTESCENTES

Elles traduisent la présence de lymphe éliminée dans les urines au moment de la miction. Elle est l’expression d’une communication anormale entre le système lymphatique et le système urinaire. L’aspect des urines est caractéristique, lactescent avec un aspect huileux au repos. Il faut le confirmer par un examen chimique des urines (triglycérides, fibrinogène, protéines, …).

URINES GAZEUSES

Elles se caractérisent par l’émission de gaz dans les urines au moment de la miction. Cette élimination survient à la fin de la miction, dans un gargouillement suspect pour le patient. Elles sont à distinguer des urines « mousseuses » visibles lors d’une miction qui traduisent l’élimination de cristaux. Celles-ci sont très banales.

Il faut faire des examens à la recherche d’une communication entre tube digestif (colon) et vessie : cystoscopie, cystographie, lavement baryté…

URINES FÉCALOÏDES

C’est l’existence de matières fécales éliminées dans les urines au moment de la miction. Les urines sont sales, marrons ou grises, nauséabondes. L’examen chimique des urines fait le diagnostic. Il faut également faire des examens à la recherche d’une communication entre tube digestif (intestin grêle, colon) et vessie : cystoscopie, cystographie, lavement baryté, …

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