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Dosage du PSA : Une pratique encore trop répandue.

La Haute Autorité de Santé (HAS) s’est prononcée en 2010 en défaveur du dosage du PSA dans le cadre du dépistage de masse dans la population générale du cancer de la prostate. Pour autant le taux de prescription de cet examen restait élevé en 2011.

A partir des données de l’Assurance Maladie, une étude* conduite auprès de 73% des français de plus de 40 ans a réactualisé ces données sur la période 2012-2014.

En 2014, 27% des hommes de plus de 40 ans sans cancer de prostate ont eu un dosage de PSA Total (6% ont un dosage du PSA Libre). Ces taux sont en diminution par rapport à 2012 (28,7% de dosages de PSA total). Les dosages de PSA étaient plus fréquents chez les patients présentant des symptômes du bas appareil urinaire (troubles mictionnels) que chez ceux n’en présentant pas. Chez les hommes plus âgés, le dosage du PSA restait élevé : 63% chez les 70-74 ans, 58% chez les 75-80 ans et 37% chez les plus de 85 ans asymptomatiques.

Il existait une importante disparité géographique dans la fréquence de ces dosages. Le dosage du PSA total est plus fréquent dans les départements du Sud, du Nord Est et aux Antilles. Ces variations n’étaient pas corrélées aux antécédents de biopsie prostatique ni au diagnostic de la maladie.

Au total, 91% des dosages avaient été prescrits par des médecins généralistes, en association à une dizaine d’examens biologiques complémentaires en moyenne. Les urologues, ont été prescripteurs de 4% des dosages de PSA total et 8% des dosages de PSA Libre.

En conclusion,

Le Pourcentage des hommes qui bénéficient d’un dosage du PSA reste élevé en France en dépit des recommandations de la HAS en défaveur de son utilisation comme test de dépistage de masse. La fréquence du dosage du PSA libre (recommandé uniquement comme aide à la décision d’une deuxième série de biopsie après une première série négative) interroge également. Pour la période considérée, la fréquence du dosage du PSA laisse penser à une situation de dépistage de masse. Ceci, ainsi que les disparités géographiques notées, est à mettre en regard de la question du sur diagnostic et du sur traitement du cancer de la prostate.

Un questionnement sur les pratiques individuelles, une application plus stricte des recommandations devraient conduire à réduire le taux de ces prélèvements à l’avenir.

Docteur Denis BRETHEAU

* TUPPIN P et coll. Analyse des prescriptions de PSA total et,libre en France entre 2012 et 2014. La Presse Médicale, 2017, 10.