Les calculs d’acide urique sont les 3èmes plus fréquents (11% des calculs) après ceux d’oxalate de calcium (72%) et de phosphates calciques (14%). Ils sont également plus fréquents chez l’homme (14% des calculs) que chez la femme (10%). La fréquence de ce type de calcul augmente avec l’âge (1% des calculs avant 30 ans, 37% après 80 ans). Les facteurs de risques principaux sont l’obésité et le diabète.

L’acide urique est un produit de dégradation des purines, produites pour moitié par l’organisme et pour moitié apportées par l’alimentation. Sa capacité à se dissoudre dans l’eau (et donc dans l’urine) sont sa concentration (augmentation de sa quantité dans l’urine et/ou diminution de la diurèse) et le pH des urines. Plus le pH est acide, moins l’acide urique est soluble, le pH normal des urines étant à 5,8.

Les 3 facteurs principaux favorisant la formation de calculs d’acide urique sont l’acidité des urines (pH ≤ 5,5), un taux élevé d’acide urique dans les urines et une faible diurèse (qui augmente la concentration d’acide urique et abaisse le pH urinaire).

Le calcul d’acide urique est le seul qui soit sensible à la dissolution c’est à dire que par une action sur la base des 3 facteurs précédemment cités, un traitement médical tendant à faire « fondre » le calcul peut être proposé.

Traitement médical curatif de la lithiase urique

Il repose sur :

  • L’Hyperdiurèse : l’objectif est une diurèse d’au moins 2 litres par jour. La quantité de boisson nécessaire pour atteindre cet objectif dépend de la chaleur ambiante, de l’activité physique et du poids du patient. La quantité de boissons doit être bien répartie sur tout la journée.
  • L’Alcalinisation des urines : le principe est d’obtenir un pH compris entre 6,5 et 7.
    • En l’absence d’hypertension artérielle (HTA) ou d’insuffisance rénale, on peut proposer la prise d’eau de Vichy Célestins, riche en bicarbonate de Sodium. La consommation de 3/4 à 1l de cette eau par jour est nécessaire en fonction du pH obtenu. Il faut compléter par une autre eau pour obtenir l’hyperdiurèse souhaitée.
    • En cas d’HTA, une prescription d’Alcaphor® solution buvable à la dose de 2 à 4 cuillère à soupe par jour à diluer dans l’eau ou une prescription médicinale de citrate de potassium à la dose de 6 à 8 g par jour (un sachet de 3 g se dilue dans un litre d’eau.
    • L’alcalinisation est prescrite sous autocontrôle par le patient de son pH urinaire à l’aide de bandelette dont la manipulation doit être expliquée au patient (contrôle matin et soir au début, puis une fois par jour ensuite). Elle est poursuivie pendant un mois, période à l’issue de laquelle le patient est revu avec un scanner de contrôle pour vérifier l’action sur le (s) calcul (s). Lorsque l’alcalinisation est bien menée, on peut s’attendre à la disparition en un mois de calculs de un cm de diamètre environ.

Traitement médical préventif de la lithiase urique

Il repose sur :

  • L’hyperdiurèse : Elle est nécessaire au long cours incluant l’alcalinisation par eau de Vichy Célestins en l’absence de contre indication. Dans le cas contraire on fait appel à des eaux riches en bicarbonates (Salvetat®, Vittel®) ou d’eaux dans lesquelles on dilue un jus de citron.
  • Mesures diététiques : Il faut éviter les aliments riches en purines (tableau) et privilégier fruits et légumes, fibres alimentaires solubles, proteines végétales, produits laitiers à faible teneur en matière grasse, …
  • Traitement médicamenteux : ils sont nécessaires lorsque le régime n’est pas suffisant et/ou non respecté. Il s’agit de la prescription d’Allopurinol à la dose de 200 à 300 mg/jour.
  • Prise en charge des facteurs de risque  : il s’agit d’une prise en charge multidisciplinaire de l’obésité, du diabète, de l’HTA, …

La lithiase urique est la seule qui soit sensible à une action médicale bien ciblée qui va permettre soit de dissoudre le calcul constitué soit de prévenir la formation d’un calcul en respectant les consignes proposées.

Docteur Denis Bretheau

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